Reprendre le domaine familial / Episode 1

visite au domaine des crais

Reprendre le domaine familial, et trouver le juste équilibre entre conservation du patrimoine et nouveauté.

La vigne est souvent un héritage, qui se transmet de générations en générations. Mais entre volonté de conserver ce patrimoine et poids de la tradition, il faut savoir trouver son propre équilibre. Une chose est certaine, Benjamin Tissier semble avoir élaboré son assemblage idéal.

Andréa et Benjamin du Domaine des Crais

Par une journée ensoleillée de février, nous avons retrouvé Benjamin et sa compagne Andréa à Leynes, charmant village situé à la limite du Mâconnais et du Beaujolais. Lui est médecin, fils de vigneron, elle est infirmière. Mais la passion de la médecine n’est pas la seule qu’ils partagent : ils ont décidé de vivre en grand une autre de leur passion, le vin.

Benjamin, qui a grandi en entendant ses parents lui répéter « Ne deviens pas vigneron, la vigne c’est dur, trouve d’abord une situation professionnelle sécurisante. », les a écouté et a entreprit des études de médecine. Il est devenu médecin et a ouvert son cabinet il y a deux ans à Crêches-Sur-Saône.

L’appel de la vigne

Mais l’appel de la vigne a fini par le rattraper, ou peut-être ne l’avait-il jamais vraiment quitté ? Benjamin nous avoue qu’il n’a jamais manqué les vendanges et a toujours épaulé son père à cette période. Ce sont pour lui des souvenirs heureux, partagés avec sa famille et ses copains. Même alors qu’il était externe en médecine à Londres, il travaillait en tant que vendeur chez le caviste Nicolas pour vivre un peu plus aisément. Il nous confie aussi qu’il a fait le tour d’absolument tous les domaines de l’île de La Réunion au cours des quatre années où il y a vécu quand il était interne. Finalement, ses racines le ramènent toujours à la vigne.

Cette prise de conscience, accompagnée de la forte volonté de conserver le patrimoine familial, lui a fait sauter le pas et annoncer à son père qu’il pouvait prendre tranquillement sa retraite car Andréa et lui reprenaient le domaine, dans la famille depuis 4 générations déjà. Nous avons ressenti dans le discours de Benjamin beaucoup d’émotion, et surtout de fierté, lorsqu’il évoquait tout le travail réalisé par son papa. Il était impensable pour lui de laisser se perdre ce savoir-faire qu’il admire tant et ce caractère qu’il sait donner à ses vins. 

les vignes du domaine des crais

C’est alors progressivement que la passation se fait. Benjamin a suivi une formation agricole à Beaune pour améliorer sa connaissance de la terre. Il a également commencé par prendre en main la partie administrative du domaine, pour soulager son père et comprendre tous les aspects de la gestion d’une exploitation viticole. Andréa et lui l’accompagnent sur les salons professionnels et dans la vigne à toutes les saisons pour amasser tout le savoir-faire qu’il a à leur transmettre. Le millésime 2018 sera donc signé de la main des deux générations, qui partagent, avec beaucoup de complicité, la même vision du vin et du terroir. Benjamin nous confie à ce sujet « Nous avons la même idée de ce que doit être un Beaujolais ou un Saint Véran. J’admire la vision de mon père. Je veux faire des vins dans la même lignée que lui. ». Une chose est donc sure, la tradition familiale sera perpétuée pour au moins une génération encore. 

Une volonté de partager leur passion…

Cela ne veut cependant pas dire qu’Andréa et Benjamin vont répliquer le modèle à l’identique. Ils sont conscients de ce que signifie être vigneron aujourd’hui et ont d’ailleurs été alertés par la baisse considérable de leur nombre dans leur village (50 dans les années 80, ils ne sont plus que 10 aujourd’hui). Il est donc nécessaire de se renouveler et de proposer un peu plus que du vin. Ce couple plein d’énergie prévoit de se lancer dans l’œnotourisme et de proposer des formules associant découverte des parcelles et dégustation des vins qui en sont issus. Ils aimeraient aussi mettre en valeur les artisans locaux en accompagnant leurs dégustations de planches de charcuterie locale par exemple. Tous les deux s’accordent sur le fait que « les gens ont envie de savoir ce qu’ils boivent ». Un vin c’est aussi une histoire, et si ce sont les principaux intéressés qui la raconte, on ne peut que succomber. 

… et de préserver le terroir

Dans les projets du Domaine des Crais se cache aussi une conversion en bio. On y travaille déjà en agriculture raisonnée, mais Benjamin aimerait aller plus loin dans cette démarche. Il reconnait que sa génération est plus sensibilisée à limiter les produits non naturels que les précédentes. Il voudrait donc réussir à garder la « patte » de son père, tout en ayant le moins d’intrants possible dans ses vins. C’est pour cela que le seul employé de l’exploitation, Simon, a été choisi car il a fait ses gammes dans des domaines bio et est féru de vins natures. Pas de précipitation cependant, ils ont bien conscience de la complexité d’un tel changement et souhaitent prendre le temps de le faire correctement, à l’écoute de la terre mais aussi des finances. 

Saint Véran du Domaine des Crais

Entre volonté de conserver son héritage et de lui apporter quelques nouveautés pour le valoriser d’autant plus, Benjamin nous a touché et nous avons hâte de suivre les étapes par lesquelles il passera pour reprendre le domaine familial. Nous nous retrouvons dans les valeurs et la jeunesse du couple et nous souhaitons passer du temps à leurs côtés dans cette jolie aventure. Bien sûr, nous vous en raconterons la suite et en attendant, nous vous invitons à découvrir les cuvées du Domaine des Crais. Saint Véran, Macon Fuissé, Beaujolais et d’autres encore, sont toujours typées et représentatives de la main du vigneron. 

 


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