Créer un vignoble pour les nuls !

Clémence bongustave

Tout ce que vous avez rêvé de savoir et que vous n’avez jamais osé demander !

Prenez part à la nouvelle aventure de Le Bon Gustave !

Nous avons pris le pari de suivre pendant un an les péripéties d’un jeune vigneron des côteaux du lyonnais. Des prémices de la création d’un domaine au premier millésime, vous pourrez découvrir tous les secrets qui se cachent derrière ce délicieux nectar, devenu un pilier de la culture française !

Lundi 9 février, alors que les premiers rayons de soleil apparaissent, toute l’équipe de Le Bon Gustave a déjà chaussé ses bottes pour aller à la découverte du tout nouveau domaine de Yann Fangeat !

Yann frangeât vigneron le bon gustave

Yann, 30 ans, marié et père d’un enfant, au train de vie plutôt confortable a eu la folie de se lancer dans un métier aussi risqué que passionnant : la viticulture. Ce pari osé s’explique surement par un contexte familiale unique. Originaire de la Drôme, dans le Diois, une région connue pour sa production de la Clairette de Die, Yann a toujours été proche du milieu agricole. Jeune, il travaillait l’été avec les agriculteurs du village. Il débute son parcours universitaire à Grenoble par des études de biologie puis une école d’agriculture à Clermont.

Aujourd’hui il est technico-commercial dans l’agriculture, un métier qui lui a permis de rencontrer de nombreux agriculteurs et viticulteurs, ce qui a fait germer cette idée devenue une évidence. Une belle occasion de vivre autrement sa passion pour le vin !

Créer un domaine est-ce aussi long que de récupérer un colis à la Poste ?

Par où commencer…

La première étape est l’étude au peigne fin du parcours universitaire et professionnel du porteur de projet par la chambre d’agriculture. Si vos diplômes et vos expériences ne suffisent pas, préparez-vous à ré-ouvrir vos livres et à retrousser vos manches pour créer un projet personnalisé composé de stages et de formations qui vous permettront de louer ou d’acheter des terres.

Dans mon cas mes diplômes et mes expériences m’ont permis de gagner deux ans de formation et de sauter cette étape pour me lancer directement dans la recherche de mon terrain.

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À la recherche des vignes du bonheur…

La recherche d’un terrain agricole peut être fastidieuse à cause de l’urbanisation et de la pression foncière. À Lyon, le plus simple est de trouver un agriculteur qui part à la retraite pour racheter ou pour louer ses terres.

Pour ma part, j’ai fait le choix de louer des terres pour limiter l’investissement et le risque.

Pour lancer un domaine faut-il casser son PEL ou gagner au loto ?

J’ai fait un emprunt et des demandes d’aides européennes. Pour réussir son projet il est important de s’entourer de bons professionnels comme ceux de la chambre d’agriculture qui m’ont permis d’obtenir le soutien moral des  agriculteurs locaux.

Les deux premières années, m’installer en location va me demander entre 40 et 60 000 euros de trésorerie. Cependant s’il faut rajouter l’achat du matériel, des locaux et des vignes le montant peut vite atteindre le million d’euros. On multiplie donc par vingt ses dépenses en s’installant dans une zone plus prestigieuse.

Comment vivre au mieux ce voyage en terre inconnue ?

Il faut l’avouer la solitude est un quotidien dans ce métier. C’est un des aspects que j’apprécie !

J’ai réussi à créer un équilibre avec ma double activité, le côté vigneron me rapproche de la nature et le métier de commercial me permet de conserver mon côté sociable.

L’entourage est primordial ! Ma femme Naïma, ma famille, mes amis sont de précieux soutiens. Je côtoie aussi les autres vignerons des coteaux du lyonnais. D’ailleurs j’ai été bien accueilli par les autres malgré le fait que je ne sois pas originaire de la région. Ce n’est pas un milieu aussi fermé que l’on pourrait l’imaginer !

Avez-vous donné un nom à cette expédition ?  

Oui, tout à fait, mon domaine s’appellera  Le Domaine d’YF ! C’est une idée du beau-père de ma femme. Après de longues heures de réflexion nous avons tous fini par tomber d’accord sur ce nom. Comme quoi, l’entourage est primordial !  

Je n’avais ni envie qu’on écrive mon nom, ni le désir de me mettre en avant. L’ancien vigneron avait pris le nom de la rue où se situe le domaine, Pré Roy. Je me suis concentré sur un nom plus moderne, sans aucune connotation avec le lieu-dit ou la rue cette fois-ci.

Et le logo ?

Ces missions ont été confiées à ma cousine Marie Mouriquand !

La seule règle : être créative et sans limite !  Elle nous a proposé six logos différents et après un brainstorming familial, nous avons mixé plusieurs logos. Le résultat devait donner envie être élégant, avec une connotation premium, de qualité.

Bien sûr, on conservera cet état d’esprit pour l’étiquette, classique, sobre sans trop de détails.

Nous avons déniché quelques pistes créatives du logo…

Travail YF logo 2  Travail YF logo 2

crédit : Marie Mouriquand

Domaine YF

Domaine YF 1 Domaine YF2

crédit : Marie Mouriquand

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crédit : Marie Mouriquand

Après de longues heures de réflexion le logo final est apparu comme une évidence ! 

logo domaine d'YF

crédit : Marie Mouriquand

Parlons plutôt saveurs ! Quels cépages avez-vous choisi de cultiver ?

En location on ne peut pas forcément choisir ses cépages sauf si on replante. Les vins de France seront composés de viognier et de syrah et les vins d’appellation  de chardonnay et de gamay.

Quid de vos futures cuvées ?

Un peu de tout : du rouge, du  blanc et pourquoi pas du rosé suivant les années. Je vais uniquement produire des vins mono cépage cette année avec 4 cuvées différentes : 2 vins de france et 2 appellations de la région des Coteaux du lyonnais. Le plus de mon domaine est la diversité des cépages qui me permettra de faire des vins pour tous les goûts !

Quelle est votre démarche quand au respect de l’environnement ?

Pour l’instant, je me concentre sur une production conventionnelle axée sur une agriculture raisonnée. Je suis sensible aux autres pratiques mais ma double activité et la nouveauté de mon domaine m’empêche de prendre des risques tels que la production de vin nature dont le goût est très instable. Il faut savoir que le rendement de vin biologique est plus faible et la vigne nécessite beaucoup plus de travail.

 

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Quelles saveurs souhaiteriez -vous retrouver dans votre vin ?

Je vais commencer par essayer de faire un vin buvable ! J’aimerais qu’il soit fruité, facile à boire et léger car c’est le type de vins que j’apprécie et qui correspondent aux attentes des consommateurs actuels.

Quel élevage avez-vous prévu pour vos vins ?

Étant seul je vais investir dans des cuves en inox. Mais dès l’année prochaine j’aimerais acheter du fût de chêne. Je préfère largement cette méthode pour la qualité qu’elle apporte au vin. Elle lui donne aussi de la structure, des notes boisées et fumées, très appréciées par les oenophiles.

Quand sera la première mise en bouteille ?

Printemps 2019,  entre avril et juin pour le blanc. Cependant je n’ai actuellement aucun nom pour les cuvées. On pourra s’amuser en fonction des premières dégustations. Pourquoi pas, “La merveilleuse” ou  “La chance du débutant” !

Le top serait de produire environ 6 000 bouteilles dès la première année.

Quel axe de commercialisation souhaiteriez-vous mettre en place ?

Je suis ouvert à tout, mais je pense m’orienter d’abord vers les cavistes de la région lyonnaise et la restauration. Il y a plusieurs avantages : la notoriété grâce à leur belle vitrine et la dégustation pendant un moment de partage, de convivialité.

L’inconvénient : le volume des livraisons qui seront plus petites mais au moins j’aurai une notoriété. On ne pas gagner sur tous les plans ! Quoi qu’il arrive je souhaite conserver ce lien de circuit-court du vigneron au consommateur final.  

Aimeriez-vous créer des expériences oenotouristiques au sein de votre domaine ?

Je n’ai malheureusement pas de caveau pour l’instant, mais j’accueillerai avec plaisir les oenophiles sur rendez-vous une fois le cabanon retapé. J’aimerais bien faire des animations et voir les gens déguster mon vin !

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Faut-il forcément être dans un réseau de vigneron pour réussir son vin ?

Actuellement je n’ai pas de projets d’adhésion auprès de réseau de vigneron spécifique. Par contre je cotise auprès du syndicat de l’appellation, comme chaque vigneron, pour promouvoir notre appellation et sa communication.

Si on devait lire ton avenir dans votre “verre” de cristal quel serait-il ?

Mon rêve serait que la deuxième année de production nous dépassions les 12000 bouteilles et qu’elles se vendent comme des petits pains. D’ici 5 ans j’espère que le domaine d’YF, aura une clientèle fidèle qui ne cessera de s’émerveiller à chaque dégustation. Je suis très excité de vivre toutes ces étapes et de voir la dégustation du fruit de mon labeur par les amateurs et les passionnés.

Quels sont vos prédictions pour le monde du vin ?

Selon moi l’évolution sera rapide ! Chaque année les appellations évoluent. Des vins de France qui ont si longtemps été dénigrés se vendent parfois une fortune. Les attentes de nos consommateurs changent. Ils cherchent la proximité, ils s’orientent vers des petits domaines. Le nerf de la guerre reste le choix entre la création d’un grand domaine qui propose des prix compétitifs avec des gros volumes ou de faire un plus petit domaine donc moins de volume mais d’avoir un vrai lien avec ses clients. Personnellement c’est ce que je priorise.

vigneron yann fangeat

Avez-vous un vin préféré ?

J’aime tous les vins, sans pour autant être alcoolique !

Je l’avoue, les vins que je consomme régulièrement sont régionaux comme le côtes du Rhône, le Beaujolais, le Côteaux du lyonnais.

Cette rencontre était la première d’une longue série, puisque nous avons pris le pari de suivre les péripéties d’un domaine viticoles du premier jour au premier millésime.

Cher lecteur, si vous voulez suivre la suite des aventures du Domaine d’YF nous vous proposons de vous abonner à notre newsletter ou de nous suivre sur les réseaux sociaux . N’hésitez pas à commenter l’article, nous transmettrons avec plaisir vos réponses à Yann.

Santé !


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Comments

  • Bravo cousin,
    Nous sommes très fière d’avoir enfin un producteur de vin dans la famille !
    Il reste à gérer les extensions selon tes conseils pour le futur.
    A bientôt pour déguster ou faire les vendanges manuelles bien sûr.
    Denis

    DENIS CARRA 26/06/2018 12:04 Répondre
  • C’est une belle aventure !Félicitations ; que l’été soit favorable et nous nous ferons une joie de participer aux vendanges

    Marie-thérèse Fangeat 05/07/2018 19:31 Répondre

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