Créer un vignoble pour les nuls, deuxième partie : Le Printemps !

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L’équipe de Le Bon Gustave a troqué ses bottes contre des sandales pour sillonner les coteaux du lyonnais !  Poursuivons l’aventure de Yann, le jeune vigneron en pleine création de son domaine viticole. Lors de notre dernière visite, il réalisait sa première taille des vignes. Quelques mois plus tard les premiers bourgeons ont fait leur apparition et les premiers raisins sont visibles : quelle émotion pour notre apprenti vigneron !

Mais qui aperçoit-on au loin dans ses vignes ? Yann, tout sourire, n’a-t’il pas l’air d’un vrai vigneron ? Après avoir parcouru le chemin de terre qui mène aux vignes et fait un rapide état des lieux, nous rentrons dans le vif du sujet.

Tout a changé depuis notre dernière visite. Vous avez dû vivre de belles aventures !

Effectivement, la vigne a énormément poussée. Les paysages gris ont fait place à un domaine viticole verdoyant fourni en grappes de raisins. Mais quel travail pour en arriver là !

Retournons en mars là où nous nous sommes arrêtés 

À cette époque, je me baladais tous les jours dans les vignes avec mon sécateur pour réaliser les dernières tailles. En avril j’ai remplacé les ceps morts et débuté le palissage (cette manipulation permet d’aérer la vigne pour quelle prenne de la hauteur).

Au mois de mai, le temps est venu de protéger les vignes : désherbage et épamprage (débarrasser la vigne des rameaux non porteurs de grappe pour améliorer la croissance des branches fruitières) ! L’objectif est de retirer tout ce qui se trouve au pied des ceps pour limiter la compétition. Vient ensuite le relevage : on maintient en hauteur les sarments de vigne grâce à des fils de fer pour éviter qu’ils ne touchent le sol, n’attrapent de maladies et captent un maximum de lumière. Enfin, on applique des traitements foliaires pour accompagner la croissance des plants.

Avez-vous rencontré des pépins dans vos raisins ?

Je n’ai pas eu mon permis de conduire dans une pochette surprise mais la manipulation du tracteur s’est avérée plus périlleuse que prévue. Je l’avoue bien volontiers, la première utilisation pour les traitements a été fastidieuse !

Une fois le fonctionnement du tracteur acquis, j’ai réussi à faire les parcelles de viognier et de gamay. Pour les chardonnay ce fut une autre paire de manches : cet endroit du domaine viticole est plus spécial ! Ce cépage est planté sur un terrain en dévers beaucoup plus risqué. Il faut vraiment savoir s’y prendre pour ne pas se faire de frayeur ! Maurice a été d’un soutien indéniable pour cette partie dont il s’est en partie occupé.

Mais qui est ce bon Maurice ?

Maurice est le vigneron de 64 ans, à qui je loue une partie de mes terres. Je suis très à l’écoute de ses conseils, il détient un savoir ancestral, celui de la terre, si précieux. Nous sommes en fermage : il est encore impliqué pour des questions techniques et financières.

Sur ces tâches viticoles Maurice, bien qu’il n’y soit pas obligé, m’est d’une grande aide ! Son expérience m’apprend à ne pas me fier uniquement à la théorie, mais à savoir écouter mon instinct et me faire confiance. Des notions qui s’acquièrent avec le temps et l’expérience ! Son savoir est essentiel à la création de mon domaine viticole, car je ne suis pas « L’homme qui murmure à ses vignes » mais pourquoi pas un jour ?

Plus sérieusement nous avons tissé une relation professionnelle étroite, il me laisse gérer ma production à ma façon et se rend disponible lorsque j’en ressens le besoin.

Une anecdote avec Maurice que vous voudriez partager ?

Lors de l’une de mes balades quotidiennes dans les vignes j’ai constaté la contamination de certaines feuilles par le mildiou. Panique à bord ! C’est la bête noire des vignerons. Il fallait absolument traiter la vigne ! Juste avant de saisir mon pulvérisateur j’ai tout de même demandé conseil à Maurice, qui lui est resté très stoïque et m’a suggéré de patienter. Sage conseil puisqu’une semaine de stress plus tard, l’urgence était endiguée.

Alors, heureux ?

Comblé ! Plus j’apprends ce métier, plus je m’épanouis. Le travail de la vigne, très énergivore, demande beaucoup d’organisation pour conjuguer ma vie de famille, sur laquelle je suis intransigeant et ma double activité.

Il ne faudrait tout de même pas oublier d’aller chercher Noam, notre fils, à la crèche.

J’aimerais que Naïma, ma femme, s’intègre au projet pour qu’il devienne familial.

Avez-vous fait de belles rencontres ?

Vigneron c’est un métier de solitaire, ce qui n’est pas pour me déplaire à moi le commercial. Mais depuis notre dernière interview, j’ai côtoyé les vignerons des alentours. Ils m’ont vraiment intégré à leur communauté.  Ils ont été très chaleureux et m’ont apporté un vrai soutien. Certains d’entre eux, que je connaissais à peine m’ont proposé de venir m’aider pour certaines tâches ou encore de me prêter du matériel.

D’ailleurs je suis allé les aider pour une dégustation à la Croix-Rousse, dont l’objectif était de faire découvrir les vins de notre appellation. Tous les vignerons s’étaient mis d’accord pour proposer un tarif unique. L’ambiance était géniale, tout le monde servait les vins de tout le monde, aucune concurrence entre les domaines viticoles : un vrai moment de partage.  J’espère que l’année prochaine mes vins feront partie du lot !

Combiner votre métier de commercial et la vigne c’est facile ? 

Grâce à mon métier de vigneron j’ai gagné en crédibilité auprès de mes clients, faisant de moi un commercial qui passe des mots aux actes : en utilisant ses propres produits. Je trouve ça très satisfaisant d’attester de leur efficacité ! Bien qu’il ait plu, je reste persuadé que si les vignes sont aussi vertes et en bonne santé c’est en partie grâce aux engrais utilisés.

Quel est votre recette magique pour les faire pousser ? 

Pour les viognier, j’utilise un engrais biologique qui minéralise rapidement pour nourrir la vigne. Sinon, j’utilise principalement un engrais foliaire sur l’ensemble du domaine viticole qui apporte les oligo-éléments dont la vigne a besoin.

Le plus de cet engrais, c’est son taux d’absorption : 100% des composants sont captés par les feuilles lors du traitement, évitant les déchets et la pollution des sols, pour un résultat plus respectueux de l’environnement. Avec ce produit j’accompagne au mieux mes plants en ajustant les éléments minéraux au besoin de la vigne.

Quelles sont vos prochaines tâches viticoles à effectuer ? 

Le plus gros du boulot est fait ! Je dois tondre l’inter rang pour éviter que l’eau soit absorbée par les mauvaises herbes, plutôt que par les vignes. Ensuite, je dois continuer à relever les sarments et surement appliquer deux traitements pour être fin prêt pour la récolte !

En revanche le stress reste omniprésent car il peut grêler jusqu’à la veille des vendanges.

Si juillet est beau prépare tes tonneaux ! ready pour les vendanges ?

J’essaie de recontacter les copains qui se disaient motivés pour faire les vendanges. Il faut qu’ils soient prêts à se libérer un jour en semaine. Le top pour cette année serait d’être une douzaine de personnes. J’espère que les petites mains de l’équipe Le Bon Gustave viendront nous aider et rédigeront de l’intérieur le chapitre incontournable des vendanges.

Quelles sont vos projets pour les mois à venir ?

Déjà prendre des vacances en août pour profiter de ma petite famille et des amis : le calme avant la tempête !

Ensuite au niveau professionnel, réussir à trouver une cuve en inox d’occasion pour la vinification de mes chardonnay. 

J’aimerais faire un peu de trésorerie en vendant une petite quantité des raisins des viognier, mais rien de sûr pour l’instant.
Ainsi s’achève notre deuxième chapitre. Vous l’aurez compris cher lecteur, Yann ne cherche pas l’amour mais une cuve en inox alors n’hésitez pas si vous avez des idées. Laissez-nous vos commentaires et impressions, nous serons ravis de les partager.

La suite au prochain épisode… Santé !

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